UN IMPOSTEUR


L'affaire Romand est une affaire criminelle française. Elle implique Jean-Claude Romand, qui a menti à ses proches pendant 18 ans sur sa vie réelle en s'inventant une profession de médecin et de chercheur.

En janvier 1993, alors qu'il est à court de ressources financières et que son épouse est sur le point de découvrir la vérité, il l'assassine, ainsi que ses enfants et ses parents.

Romand, sa femme et ses deux enfants

Il est condamné le 2 juillet 19962 à la réclusion criminelle à perpétuité assorti d'une période de sûreté de 22 ans. Libérable depuis janvier 2015, Jean-Claude Romand, après presque 26 ans de prison, demande sa remise en liberté conditionnelle.

Le 9 janvier 1993, à son domicile de Prévessin-Moëns, route Bellevue, Jean-Claude Romand dans une crise de raptus mélancolique tue dans la chambre conjugale son épouse Florence Crolet à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, puis dans leur chambre sa fille Caroline, âgée de 7 ans, et son fils Antoine, 5 ans, à l'aide d'une carabine 22 Long Rifle équipée d'un silencieux. Après cette tuerie, il range la maison, relève le courrier, sort en ville acheter des journaux, puis passe l'après-midi à regarder la télévision.

Le lendemain, après avoir déjeuné chez ses parents (Aimé et Anne-Marie Romand) dans leur maison de Clairvaux-les-Lacs, il les tue, ainsi que leur chien Labrador, toujours avec sa carabine. Il reprend sa voiture pour aller à Paris et passer la soirée avec son ancienne maîtresse, Chantal Delalande ; il a promis de l'emmener dîner chez son prétendu ami, Bernard Kouchner, près de la forêt de Fontainebleau.

Il feint de ne pas retrouver le chemin, s'arrête dans une clairière de la forêt où il tente de la tuer en l'aspergeant de gaz lacrymogène et en l'étranglant, mais devant ses supplications, il l'épargne et la ramène chez elle. Enfin, il rentre chez lui, après lui avoir fait promettre de ne rien dire à personne et avoir prétexté souffrir d'une grave maladie.

Vers 22 heures dans la soirée de samedi, il asperge d'essence le grenier et les lits de ses enfants et son épouse. Après s'être mis en pyjama et avoir avalé des barbituriques périmés depuis 10 ans, il allume l'incendie à quatre heures du matin. Mais le feu éclate à l'heure où passent les éboueurs, ce qui permet aux pompiers de le sauver. Les pompiers retrouvent les corps des enfants et de la mère à l'étage dans leurs chambres respectives, imbibés d'essence.

Plongé dans un coma profond, Romand est conduit dans un hôpital de Genève. Les gendarmes découvrent dans sa BMW de location un message manuscrit : « Un banal accident et une injustice peuvent provoquer la folie. Pardon. »

La reconstitution du crime a lieu en novembre 1994. Quand Jean-Claude Romand, escorté par les gendarmes, est entré dans la maison, il a été pris, selon son avocat de l'époque Me André Buffard, de tremblements et de vomissements.



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